En situation de crise inédite, le CIDFF de la Nièvre fermera ses portes pour alerter sur les conséquences du retard des subventions de l’Etat.
Le réseau national des CIDFF est aujourd’hui en situation de crise inédite : depuis l’adoption du projet de loi de finances pour 2025, les crédits que l’Etat s’est engagé à verser pour financer les associations qui œuvrent dans le champ de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les violences n’ont toujours pas été versés.
Le CIDFF de la Nièvre est concerné à deux titres :
- D’une part, la non-compensation de la prime SEGUR, étendue par le gouvernement le 6 août dernier à l’ensemble des salarié⸱es du secteur sanitaire, social et médico-social privé non lucratif. Pour 2024, le coût supplémentaire pour le réseau national des CIDFF est de 2.1 millions d’euros. Pour 2025, de 5.8 millions d’euros.
En 2025, le coût total de sa mise en œuvre représente pour le CIDFF de la Nièvre une charge supplémentaire de 16 100 euros, à ce jour non compensés par l’Etat, pour une petite structure de 3 salariées à temps plein.
Dans ce contexte, afin de préserver son existence, le CIDFF58 – le Conseil d’Administration en concertation avec l’équipe des salariées – a été dans l’obligation de surseoir à l’application de la prime SEGUR. - D’autre part, fin juin 2025, aucun crédit de droit commun n’a été versé par l’Etat à l’association pour son fonctionnement général et le lancement ou la poursuite des actions en faveur des femmes et des familles du département alors que les CIDFF s’acquittent d’une mission d’intérêt général que l’Etat leur confie depuis plusieurs décennies et que l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences ont été déclarées Grande Cause Nationale. Fin juin 2025, ce sont donc plus de 90 000 euros qui n’ont pas été versés au CIDFF de la Nièvre dont le budget annuel est de 225 000 €
Dans ce contexte de crise inédite, une semaine noire nationale a été votée par le réseau des CIDFF.
Le CIDFF de la Nièvre suspendra donc ses activités et fermera ses portes au public du 25 au 27 juin inclus, afin d’interpeller les pouvoirs publics sur la situation financière de l’association et d’alerter sur le risque, à terme, de sa disparition.
Chaque année, le CIDFF de la Nièvre réalise plus de 800 entretiens. Il informe sur leurs droits près de 600 personnes, dont 70% de femmes, et accompagne une centaine de victimes de violences conjugales et intrafamiliales, dans un cadre d’accueil inconditionnel, confidentiel et gratuit. Il sensibilise plus de 1000 jeunes et personnes atteintes de handicap mental, il forme près d’une centaine de professionnels sur les violences.
Ces missions d’intérêt général, confiées par l’Etat, à des juristes hautement diplômées, sont lourdement menacées par le retard de versement des subventions, alors que le nombre de femmes qui s’adressent au CIDFF augmente chaque année.
Du 25 au 27 juin inclus, et malgré les demandes, le CIDFF58 ne répondra pas aux sollicitations du public et des professionnels. Aucune réponse téléphonique ou par mail ne sera apportée. Aucun rendez-vous physique ne sera possible.
Nous demandons au Gouvernement de procéder sans délai au versement des crédits de fonctionnement des CIDFF et de la compensation totale de l’indemnité SEGUR au réseau des CIDFF comme s’y est engagée Aurore BERGE, Ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes de la lutte contre les discriminations le 11 juin dernier à l’Assemblée Nationale.
